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raton laveur

Des sauvages dans Riom

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il prend de l’ampleur à mesure que les villes s’étendent. De plus en plus d’animaux sauvages vivent en zone urbaine et péri-urbaine. Et certains s’y sentent bien. C’est le cas à Riom où renards, écureuils, fouines, loirs ou lérots sont installés à… demeure.

Ils sont là, discrets, se faisant peu remarquer. Mais parfois, poussés par la faim, ils pénètrent dans les jardins, se faufilent dans les hangars, font le tour du propriétaire. C’est dans ces moments que nous les apercevons.

La fouine est une championne de la vie urbaine. Elle ne craint pas la présence de l’homme, dont elle n’a rien à redouter. En milieu rural, elle profitait de ce qu’elle trouvait dans les granges, chassant notamment les rongeurs. A présent installée en ville à l’année, elle vit sous les toits, se nourrit de nos déchets, croque des pigeons et des volailles, ces dernières étant de plus en plus prisées par les « urbains » en mal d’œufs frais.

De tous les animaux sauvages présents en ville, celui qu’on voit le plus fréquemment est l’écureuil. Il exhibe sa queue en panache jusque dans les rues. Sans doute son côté joueur. Mais surtout les inépuisables ressources que nous mettons à sa disposition : les glands du chêne, les noisettes, les châtaignes, les marrons. Il aime nos arbres et leurs fruits. Nous ne lui sommes nuisibles qu’au volant de nos voitures. Et en dehors des chats, il ne se connaît pas de prédateurs.

Renards et blaireaux entre Riom et Mozac

Le renard et le blaireau, qui vont souvent ensemble, ne craignent pas non plus de se montrer. Ils aiment bien le secteur Riom-Mozac où quelques grands domaines leur offrent suffisamment de proies pour ne pas avoir à courir ailleurs. Des individus des deux espèces y ont élu domicile, tandis que d’autres entrent et sortent de la zone urbaine, libres comme l’air. Les gros chiens tarabustent de temps à autres les renards, mais ils manifestent la plus profonde indifférence à l’égard des blaireaux. En fait, ils s’en méfient.

Naturaliste professionnel et trésorier bénévole du GMA (Groupe Mammalogique d’Auvergne), Charles Lemarchand étudie l’interaction des villes et de la faune sauvages, en l’occurrence les mammifères. « Des espèces ont intégré le fait que l’homme ne les chasse plus, dit-il. Elles nous fuyaient, ce n’est plus vraiment le cas maintenant. Donc, elles s’enhardissent, s’approchent, et si la ressource alimentaire est là, elles s’installent. Quant aux hommes, les uns sont heureux de voir un renard dans leur jardin, les autres sont mécontents. Pour beaucoup c’est une découverte. Les enfants d’aujourd’hui connaissent mieux la faune africaine que la faune locale. Simplement parce qu’on n’en parle pas dans les programmes scolaires. Mais il y a cependant une prise de conscience. On le voit avec les oiseaux. Des personnes fixent des mangeoires dans les arbres, etc. On commence à s’intéresser à cette faune.»

Le raton-laveur, nouvel invité

La cohabitation en ville entre les hommes et la faune sauvage prend quelque fois une tournure absurde. Tel propriétaire qui a dans son jardin une pièce d’eau et un poulailler s’accommodera mieux de la présence d’un ragondin que de celle d’un renard. Espèce introduite, le ragondin est un nuisible porteur de maladies et une cause de gros dégâts. Pourtant, il a bonne presse en ville. Quand il s’ébat dans les pièces d’eau, il a quelque chose de charmant. En revanche, le renard, espèce locale, mange les poules. A lui les cris d’indignation et les coups de bâton.

Autre espèce introduite, le raton-laveur. Sa présence est signalée dans la région depuis quelques années. S’il n’a pas encore été aperçu à Riom, on peut néanmoins supposer qu’il s’y est déjà implanté. « Ce n’est pas forcément rassurant, prévient Charles Lemarchand. Il est très entreprenant et s’éloigne facilement de l’eau à laquelle il n’est pas inféodé. Il n’a pas peur de l’homme. Il n’hésite pas à rentrer dans une maison s’il sent la nourriture. Très agile, il ouvre les portes de granges, les poubelles… »

La présence en ville d’animaux sauvages, sympathiques ou nuisibles, ne doit pas cacher la réalité du moment. Les villes ne cessent de croître et empiètent toujours plus sur le milieu naturel. Pour quelques espèces qui parviennent à s’adapter, beaucoup disparaissent. Et à l’intérieur des espèces qui s’adaptent, beaucoup d’individus meurent. Le tableau est loin d’être idyllique. L’interaction entre l’homme et l’animal se fait au dépend du dernier et il n’est pas certain que nous soyons nous-mêmes gagnants dans l’opération.

Ladoux, réserve naturelle

Le site de Ladoux, dont une bonne moitié se trouve sur la commune de Ménétrol,  s’étend sur 300 hectares. Couvert d’herbe rase, de broussailles et de bosquets, il abrite un marais salé remarquable. Un cours d’eau appelé Rif le traverse et sa partie sud est bordée de coteaux abrupts. Si l’on excepte les bâtiments et le circuit, Ladoux forme donc une sorte de réserve naturelle où vivent de nombreuses espèces de mammifères, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et d’insectes que le bruit des moteurs ne dérange manifestement pas. Des ingénieurs de Michelin, naturalistes amateurs, étudient cette faune et son environnement. Natura Ladoux, l’association qu’ils ont constituée, rassemble une cinquantaine de membres. Ils organisent des sorties sur le circuit, et dressent des inventaires.

 

Une clinique pour les animaux sauvages

A Chamalières, une clinique pour animaux sauvages a récemment ouvert. Elle a pour nom Panse Bête. Si vous découvrez en ville un animal sauvage blessé ou malade, entrez en relation avec elle, en composant le 06 46 62 36 89. Un soigneur agréé vous répondra.

SERGE DURIN, LA MUSIQUE SUR LE BOUT DES DOIGTS

durin 4Facteur d’instruments à vent et inventeur de machines sonores ou parlantes, Serge Durin vit et travaille à Riom. Il retrace pour nous quelques étapes de sa vie et raconte son métier à travers neuf mots-clés. Clés musicales, bien entendu.

Enfance

Elle est rurale, dans la région de Commentry, dans l’Allier, où je vais à l’école en vélo, je ramasse des châtaignes au moment de la chasse… Je commence à jouer de l’harmonica et de la flûte à bec au collège. Pour moi, l’enfance c’est clair, c’est les oiseaux, la campagne, les blés, les champs, les bois, où je m’évade. Ce n’est pas un refuge, c’est un lieu très accueillant. L’enfance, c’est aussi démonter les jouets, démonter toutes les mécaniques, et ne pas pouvoir les remonter, alors je me retrouve avec un gros tas de pièces à chaque fois. Et puis c’est un grand-père qui m’apprend à travailler le bois et à fabriquer des jouets sonores comme des sifflets, avec des glands, du sureau, de la paille, tout ce qui permet d’imiter les oiseaux et les autres animaux. C’est tout ça qui démarre l’histoire.

L’école

Après, l’enfance, il y a les études au lycée agricole. Mes parents souhaitaient que je reprenne la ferme familiale. J’ai eu le brevet de technicien agricole et j’ai arrêté après trois ans d’installation. Je jouais déjà de la cornemuse du centre et j’ai décidé de devenir musicien. Je jouais dans les bals et je faisais des animations deux à trois fois par semaine, ce qui me permettait de gagner ma vie dans une activité plutôt agréable. Puis j’ai fabriqué mes propres instruments, et des personnes m’ont demandé de réparer les leurs ou de les fabriquer. Je me suis finalement installé à titre professionnel en 1984.

Musique

Elle a toujours été vivante pour moi. Par la pratique, l’écoute, la musique en live… Je n’avais pas une culture musicale très étendue, ni classique ni moderne. A l’époque j’étais lié à la pratique des musiques traditionnelles. J’écoutais beaucoup de choses, c’était très éclectique, mais je n’avais pas étudié la musique, je n’avais pris aucun cours. Depuis, j’ai fait le conservatoire, bien obligé du fait de mon activité.

Bruit

Pour moi, c’est très important tout le temps. C’est omniprésent. Je le perçois, je l’identifie, je l’analyse plus ou moins. Il n’y a pas de bruit négatif pour moi. C’est toujours des choses qui peuvent être liées à mon travail, à mes créations d’objets sonores. Le bruit c’est de la musique aussi.

Facteur

C’est un terme que je reprends souvent, pour bien expliquer ce qu’est mon travail. Je suis facteur et non pas luthier. C’est une autre forme de travail sur le son. Le facteur est aussi celui qui fait avec les mains, c’est donc lié à un travail manuel, ce qui est très important pour moi. C’est le mot important dans mon activité.

Artisan

Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Je prends le mot artisan comme une forme de statut … Faiseur en art ?… Qu’est-ce que j’ai été ? J’ai tout été… Intermittent du spectacle… employé d’associations… Enfin, ce n’est pas très important, du moment qu’on fait les choses. Alors que ce soit lié à l’art, tant mieux.

Expérimentation

durin 3C’est la base. J’y pensais hier. Je me suis demandé combien de temps je passe à chercher, à trouver. En gros, cela représente un cinquième de mon activité. En ce moment, je cherche des nouveaux systèmes de clétage pour améliorer l’instrument. C’est quelque chose qui me tient à cœur. L’activité de facteur instrumental ne peut pas être dissociée de la recherche et de l’expérimentation. Mais c’est bien quand ça débouche sur quelque chose. Il ne faut pas passer son temps à chercher, il faut aussi trouver un peu.

Wolfgang von Kempelen

C’est une étape de mon activité. Kempelen était un physicien acousticien et créateur d’automates du XVIIIe siècle. Il a créé l’automate « Le joueur d’échec » décrit par Edgar A. Poe dans une nouvelle intitulée « Le joueur d’échec de Maelzel ». Un jour il a voulu recréer la parole humaine avec une machine, en ayant pour idée au départ d’aider les personnes qui ont des problèmes d’élocution. Sa machine a fonctionné, mais on l’a un peu pris pour un fou. Il a écrit un traité complet sur sa machine et sur ses recherches, et ce traité nous l’avons ressorti il y a quelques années pour le musée des musiques populaires à Montluçon à l’occasion d’un festival sur la voix. On m’a demandé de reconstituer cette machine parlante, d’après le traité. Je m’étais entouré d’un acousticien et de musiciens. La machine est maintenant au musée de Montluçon et elle tourne dans différentes expositions. Ce travail m’a beaucoup inspiré sur l’appareil phonatoire, les techniques vocales, l’instrumentation, et j’ai créé ensuite mes propres machines sonores ou parlantes que j’utilise pour des installations ou du travail avec des musiciens.

Atelier

durin 2C’est d’abord un lieu où on apprend. J’ai eu la chance d’être accepté dans des ateliers très différents les uns des autres : atelier de coutellerie où j’ai appris à travailler l’os, la corne, les métaux ; atelier de tournage ; atelier de mécanique générale ; atelier d’ébénisterie où j’ai appris à reconnaître les bois, faire les finitions ; atelier de facture instrumentale, évidemment, où j’ai appris les outils et les gestes spécifiques de ce métier, les savoir-faire ; atelier de cléteur, c’est-à-dire tout ce qui est lié au bouchage de l’instrument. Comme dans la coutellerie à Thiers, les tâches sont séparées. Les uns tournent le bois, les autres s’occupent du clétage, etc. Ensuite on monte son propre atelier. Au début on est un peu frustré parce qu’on n’a pas tout l’outillage. On bricole. Mon premier tour était fait avec un moteur de machine à laver. Et puis un jour on a trois sous, et on s’achète un vrai tour. J’ai eu aussi la chance d’acheter deux ateliers de facteurs d’instruments, qui contenaient de vieux outils venant des Etats-Unis, des Pays de l’est, et qui ont servi à plusieurs générations. Là on découvre toute l’histoire, tout le patrimoine de quelqu’un qui a travaillé toute sa vie sur ça. C’est comme si on rachetait une partie de son histoire…

 

MAXENCE, PORTRAIT D’UN REGARD

Il vit à Riom et signe ses toiles et ses dessins de son seul prénom. A 24 ans, Maxence Diogon est déjà coté à Drouot. Il figure aussi dans le Larousse des Artistes contemporains.

MAHLER2On ne voit presque rien. Sur la toile écrue, des aplats de blanc suggèrent vaguement la forme d’un visage. Mais qu’on fasse l’obscurité dans la pièce, puis qu’on balaye cette toile d’une lumière blanche, et le visage du compositeur autrichien Gustave Mahler apparaît aussitôt par phosphorescence dans toute la force de son expression.

L’effet de surprise passé – et la lumière rallumée –, on assaille Maxence de questions. Il a beaucoup tâtonné avant d’obtenir le résultat escompté, reconnaît-il. Plusieurs types de peintures et de produits ont été utilisés. Mais sur l’essentiel, il ne dit rien. Motus. Le procédé mis en œuvre restera secret. Aussi secret que le tour du lapin qui sort d’un chapeau.

Voir et regarder

On pourrait ne voir dans ce tableau phosphorescent qu’un tour de passe-passe pictural. Il traduit en réalité le fossé qui sépare le fait de voir de l’acte de regarder. VOIR, REGARDER, sont d’ailleurs deux verbes que Maxence a écrit sur un mur de son atelier, comme un rappel adressé aux visiteurs : « Ne vous contentez pas de voir. Regardez. »

Et tous les tableaux, tous les dessins de Maxence soutiennent cette idée. C’est, par exemple, une reproduction du plafond de la chapelle Sixtine au stylo bille. Le nez collé sur la feuille on ne voit rien d’autre que des gribouillis échappés d’un cahier d’écolier. Mais si l’on prend du recul, le motif imaginé par Michel-Ange révèle sa complexité. Les portraits d’Elvis ou de Léonard de Vinci ont reçu le même traitement. Ceux de Mozart et de Rimbaud sont faits de notes et de portées musicales pour le premier, de voyelles et de consonnes pour le second. A la manière des calligrammes d’Apollinaire. Ce qu’on voit n’est pas ce qu’on regarde, et c’est pourtant la même chose.

CLEMENTELDe Beethoven à Steve Jobs

« Je n’ai pas de formation de peintre, explique Maxence. C’est peut-être pour cette raison que j’emploie toutes sortes de techniques et de matériaux, et que je les mélange. » Maxence s’autorise également tous les thèmes. Féru de musique classique, et pianiste lui-même, il a peint Verdi, Beethoven, Schubert, Bach… Etudiant en 5e année de science de la communication, il a dessiné le pape de la com’ : Steve Jobs. Lecteur assidu des grands écrivains, il a dessiné Proust. Il s’est offert une incursion dans le cinéma, avec Grace Kelly et Alfred Hitchcock. Viscéralement attaché à Riom, sa ville natale, il a peint le portrait d’Etienne Clémentel, aujourd’hui exposé à la l’Hôtel de Ville. A la demande d’un particulier, il a décoré la baie vitrée de la Maison de l’Artisan, rue Gomot. Il a aussi peint d’après des modèles vivants. Etc.

SALUÉ PAR AMÉLIE NOTHOMB

La valeur n’attend point le nombre des années. La reconnaissance et le succès non plus. A 24 ans, Maxence figure déjà dans le dictionnaire Larousse des Artistes Contemporains – on n’entre pas dans un dico par effraction ! Il est répertorié dans l’International Contemporary Artists (New-York) et coté à Drouot. L’opuscule que Maxence a publié en 2012 (« Premiers Regards ») a attiré l’œil d’Amélie Nothomb. La romancière lui a manifesté dans une lettre le vif intérêt qu’elle portait à son « Rimbaud ». Jean-Paul et Raphaël Enthoven ont regretté de n’avoir pas eu connaissance plus tôt de l’existence de son portrait de Proust, qu’ils auraient aimé voir sur la couverture de leur Dictionnaire Amoureux de Marcel Proust.

Études

Nina Seita etc 098Maxence ne s’explique pas son succès. Il se dit simplement qu’il a eu de la chance. Par ailleurs très conscient du potentiel de nuisance que recèle chaque succès précoce, il a décidé de terminer ses études avant d’envisager la suite. Sage décision. Mais la suite arrivera vite…

L’atelier de Maxence est situé au 13 de l’avenue du Cdt Madeline, à Riom. Site internet : www.maxence.pro.

 

 

ZYWIEC, L’EAU DE LÀ-BAS

Poursuivant notre série sur les villes jumelées avec Riom, nous faisons halte cette fois à Zywiec, une cité de 32 000 habitants située au sud de la Pologne, dans la région montagneuse des Beskides.

pere noel bière1684 km de routes séparent les villes de Riom et de Zywiec. Temps estimé : environ 16h (si l’on fait abstraction des arrêts-déjeuner, des pauses-pipi, des possibles ralentissements et des inévitables impondérables). Il faut traverser le sud de l’Allemagne, la République Tchèque de part en part, et la frontière polonaise une fois franchie serpenter encore quelques kilomètres entre les montagnes des Beskides, une suite de massifs couverts de forêts, dont le plus haut, Babia Gora, culmine à 1725 m. Au terme du voyage, on est à plat… mais on ne le regrette pas. Nichée au fond d’une large vallée, Zywiec étale en effet ses splendeurs avec générosité.

De l’eau pour la bière

L’eau descend des montagnes à la fonte des neiges ou jaillit des sources. Indispensable à la vie depuis toujours, elle est devenue le premier allié économique et industriel de la ville. Lorsque les Habsbourg décidèrent de fonder une brasserie en 1856, c’est Zywiec, ville sur laquelle ils exerçaient leur souveraineté à l’époque, qu’ils choisirent. Non pour ses beaux yeux, mais pour la qualité de son eau. Pas de bonne bière sans une bonne eau. Blonde ou brune, titrant de 5,6% à 9,5%, la bière de Zywiec est tombée dans l’escarcelle du groupe Heineken en 1991. Sacrée championne du monde en 1996 et 1997, elle fait la fierté des Polonais, qui la consomment avant toute autre.

zywiec zdroj cenaDe l’eau pour l’eau

Or, si l’eau est bonne pour la bière, pourquoi ne pas la mettre directement en bouteille. La Zywiec Zdroj (eau de Zywiec) a connu, dès sa mise sur le marché, le même succès que la bière éponyme. Numéro un des eaux minérales en Pologne, elle appartient au groupe Danone, comme la Volvic.

L’eau, c’est aussi l’industrie touristique. Les rivières Sola et Koszarawa confluent dans les faubourgs de Zywiec avant d’alimenter un lac artificiel, dont les eaux baignent le nord et l’est de la ville. Sur ce lac on pratique la voile et le motonautisme, et bien sûr on s’y trempe. L’été, les hôtels et les campings sont pleins, de même que les terrasses des restaurants, où l’on mange, outre les célèbres « pierogi » (*), la salade de chou rouge et le fromage du cru.

De l’eau pour la neige

En hiver, les habitants de Zywiec se tournent vers leurs montagnes, où l’eau contribue encore à l’économie locale, mais sous la forme de neige. A une vingtaine de kilomètres, les stations de ski de Korbielow-Pilsko, Zawoja, Zwardon ou Wegierska Gorka sont parmi les plus belles et les plus fréquentées de Pologne. Elles proposent des équipements de qualité et bénéficient d’un enneigement remarquable. Et lorsqu’au printemps les montagnes jettent leur manteau blanc dans les rivières, les marcheurs arpentent les nombreux chemins de randonnée qui les traversent.

domekLa chapelle tombale des Habsbourg

A cet environnement naturel, dont les habitants de Zywiec ont su tirer un grand parti et qu’ils entretiennent avec soin, s’ajoute le patrimoine architectural et culturel qu’ils ont bâti au fil des siècles. Construit  au XVe siècle, le Stary Zamek (Vieux Château) partage avec le Palais des Habsbourg (XIXe siècle) un parc de 25 hectares, paysagé à l’anglaise, le seul de ce type en Pologne. La cathédrale gothique du XVe siècle contient la chapelle tombale des Habsbourg. Gothique également, l’église Sainte-Croix du XIVe siècle. Enfin, Zywiec ne serait pas ce qu’elle est sans la Domek, une curieuse maison octogonale du XVIIIe siècle, ni ses Rencontres Internationales du Folklore qui attirent chaque été une foule nombreuse dans l’amphithéâtre de la ville, sur les pentes de la montagne Grojec.

(*) Sortes de ravioli, plat national polonais.

 

LES CARNETS DE CYRILLE ANDRÉ

VOYAGENT DANS LE MONDE ENTIER

 

Fabricant de carnets et d’albums à Riom, Cyrille André nous a reçus dans son « Atelier Volute ». Il sera l’un des 70 artisans d’art présents à la biennale « Riom Ville d’Art’isans » les 30 novembre et 1er décembre.

 

DSC00609 - CopieCyrille André a fabriqué un livre vierge de 17kg qui ne tiendrait pas sous le pourpoint de Gargantua. « C’est un prototype réalisé en vue d’une commande passée par un client néo-calédonien qui souhaite avoir le plus gros carnet possible. Or, je ne peux pas me lancer de but en blanc dans cette entreprise sans faire d’abord un essai. » Ne disposant pas de massicot suffisamment grand pour trancher les pages, Cyrille a sculpté la tranche, qu’il a teint ensuite à la gomme-laque, au moyen d’un tampon. Le dos et les coins sont en velours, le plat en vieux drap, la page de garde colorée au brou de noix… Il se feuillette comme n’importe quel livre. C’est évidemment la pièce la plus spectaculaire sortie de son atelier.

Œuvres d’art

Depuis 13 ans, il fabrique des carnets de voyage et d’aquarelle, des albums-photos, des calepins téléphoniques ou des blocs-notes. Certains de ces objets sont d’authentiques œuvres d’art, et comme tout artiste Cyrille élabore ses propres techniques, invente souvent ses outils, utilise les matériaux les plus improbables. Il a appris seul, et au pied levé, la marqueterie, l’embossage et la couture du cuir. D’un morceau d’os ou de bois d’ébène il fait un fermoir élégant, une incrustation inédite. Il mêle la nacre et le bois, taille la galalithe, un polymère presque oublié aujourd’hui.

Son inclination pour les matériaux les plus divers a réveillé en lui le chiffonnier qui ne dormait probablement que d’un œil. Toujours à l’affût, il récupère beaucoup, de la bâche de pompier, une voile de bateau, des chutes de luthier, des vieux papiers, une robe de haute couture, des jougs de chevaux de traits pour leur cuir. Il collectionne dans un carton, pour l’aspect « crépon » qu’ils donnent aux couvertures, des nids de frelon débarrassés de leurs occupants. Des filtres à café collés entre eux selon un procédé qu’il a mis au point accèdent au noble rang de toile. Il valorise tout ce qu’il trouve, y compris ses chutes.

Géo Trouvetou

IMG 5678Le chiffonnier se double d’un Géo Trouvetou. « Je bricole sans arrêt, dit-il, j’invente tout le temps. J’aurais pu faire autre chose que des carnets pour assouvir ce besoin. » Avec un mécanisme d’horlogerie et une glissière de scanner, il a construit un massicot, modèle non déposé mais bigrement précis. Pour linograver des courbes parfaites, il se sert d’une vieille platine de tourne-disque comme d’un repose-main rotatif.

L’œil exercé de l’inventeur admire les machines, de préférence anciennes. Sa dernière acquisition, une antique piqueuse pour reliure Muller-Martini, trainait sous la pluie, au fond d’une propriété. Avec elle il peut produire des séries en tenant des délais raisonnables. Il y a aussi cette machine à coudre le cuir que lui a cédée un cordonnier riomois parti en retraite.

Une rue des Métiers à lui seul

Dessinateur, sculpteur, couturier, peintre, chimiste, joaillier, mécanicien, et bien sûr relieur, Cyrille André est une rue des Métiers à lui seul. Chaque année, il produit peu ou prou 500 pièces, séries comprises. Il a travaillé en collaboration avec le graveur Pierre Jourde. Depuis quelques temps il explore la voie des vieux grimoires, dont il cherche à rendre l’atmosphère, la patine et l’oxydation de leurs pages. Quelque part au milieu des océans, une navigatrice tient en ce moment son journal de bord dans un carnet fabriqué par lui. Un client néerlandais lui en a commandé quatre, des objets somptueux ; l’un d’eux a nécessité un mois de travail. Au Mexique, au Japon, aux Etats-Unis, en Chine, en Guyane on écrit, prend des notes, dessine, recopie des recettes sur du « Cyrille André ». Des amateurs de vins tiennent à jour le registre de leurs nectars dans ses carnets, qu’on appelle alors livres de cave. C’est une page étonnante de l’histoire des carnets que Cyrille André est en train d’écrire sous nos yeux.

Atelier Volute

31, avenue Vercingétorix – Riom – 06 84 25 12 63.

Le travail de Cyrille André est visible sur le blog sans-sucre-ajoute.over-blog.com et en vente sur le site www.alittlemarket.com. Voir également sur Youtube : « atelier volute ».

 

 

MAI 2013

PATRICE BELIN, GLOBE-SCULPTEUR

Patrice Belin 043Le sculpteur Patrice Belin vit à La Moutade, où ses parents étaient autrefois métayers. Il nous a reçu chez lui, à peine rentré d’Egypte, un pays où il aime se rendre.

« Une photo ?... »

« Prenez plutôt le chat. »

Mais le chat n’est pas plus disposé que le maître. La queue en point d’interrogation, il cherche de l’ombre dans le grand jardin attenant à la maison, se vautre au pied d’une sculpture en basalte, repart aussitôt, puis se propulse d’un bond sur un mur en pierre sèche, trop vif et trop rusé pour l’objectif. S’il avait la parole, il ne dirait pas autre chose, le chat : « Prenez plutôt le maître. »

Le maître n’est pas forcément celui qu’on croit. Et à la réflexion, il semble bien que Patrice Belin, sculpteur, globe-trotteur, homme aux cheveux plus sel que poivre et au visage tanné par tous les soleils du monde, habite chez son chat. Un jour, un camion est entré dans le jardin, et des hommes ont chargé sur la remorque une sculpture achetée par une galerie. Le chat, qui avait passé une partie de la journée à rôtir en plein soleil au sommet de cette sculpture, s’accrochait désespérément à elle. Comme si elle lui appartenait. Comme s’il l’avait sculptée lui-même avec ses griffes.

Le chat, le maître ne sont finalement que des notions assez vagues. Patrice Belin est un chat –    dans son regard aigu, sa façon de marcher. Il doit tenir ça du rugby. Joueur frêle mais bigrement adroit et déterminé, il clouait les défenses par la précision de ses passes. Il ne refusait pas non plus la violence des contacts, aimant même à la provoquer. Il se souvient encore des matchs qui opposaient son village de La Moutade à celui du Cheix quand il était enfant. « Je ne pouvais pas m’empêcher de cartonner le plus grand et le plus costaud. Du coup, avec mon gabarit, je finissais rarement une saison. »

Des courbes et des droites inédites

Comment ne pas voir ce lien étroit entre rugby et sculpture, mélange d’adresse et de force brute, avec ce supplément d’âme qui couronne chaque geste de beauté ? On brise un pack comme un bloc de granit, on file vers l’embut en taillant des courbes et des droites inédites. En devenant sculpteur, en travaillant le bois, la pierre et l’acier, Patrice Belin a poursuivi une œuvre entreprise innocemment sur les terrains de son enfance. Jean-Pierre Rives, celui que Couderc appelait « Casque d’Or », n’a pas fait autre chose : après le terrain, l’atelier du sculpteur.

Entre ces deux temps d’une vie, il y eut néanmoins une phase de transition, pour Patrice Belin. Bac C en poche, il entra chez Michelin, où l’ambiance lui pesait. N’appréciant guère de recevoir des ordres, et peut-être plus encore d’en donner, il s’échappait le soir en prenant des cours aux Beaux-Arts de Clermont auprès du sculpteur Yves Guérin. Et quand cette transition « pneumatique » prit fin, il était prêt. Mais avait-il d’autre choix ? « Non, la sculpture s’est imposée. Je n’ai pas choisi. »

Il passa un CAP de tailleur de pierre,  et travailla sur des chantiers, tout en filant vers son (em)but. Les premières expositions arrivèrent au début des années 90. Rapidement, elles l’entraînèrent à l’étranger, vers des pays du sud, le Burkina Faso, la Palestine, l’Australie, l’Egypte, le Royaume de Bahreïn, Chypre, Taïwan, etc. Toujours vers des pays gorgés de soleil. Comme ces tournesols qui poussent non loin de La Moutade, Patrice Belin est héliotrope. En Egypte, sur le site d’Assouan, il a sculpté, entre 2002 et 2004, un énorme massif rocheux. L’œuvre, qui lui a été inspirée par le naos du temple d’Edfou, est monumentale, s’étendant sur plus de 70 mètres. En laissant une trace profonde et audacieuse dans la pierre de l’Egypte, il a gagné une part de son éternité. Sauf qu’il n’y croit guère. « La pierre, comme tout le reste, dit-il, finit par disparaître. » Parole de sculpteur.

belin assouan

 

 

SEPTEMBRE 2011

MICHEL PIGENET, HORLOGER À SES HEURES

Banquier à la retraite et conseiller municipal à Marsat, Michel Pigenet est tout naturellement un… horloger heureux. Portrait.

 

horloger3L’angélus de Marsat

À Marsat, l’horloge du clocher de l’église est capricieuse ; il lui arrive d’oublier l’Angélus. Du coup, les cloches restent muettes, mais pas le téléphone de Michel Pigenet. « Pour quelques habitants du village, l’Angélus est encore chargée de signification », explique-t-il. « Alors, à leur demande, je monte dans le clocher et je relance le mécanisme de l’horloge qui aurait besoin d’une sérieuse restauration ». Il est vrai que cette horloge date de 1910. (*)

Les ressorts d'une passion

À l’âge de dix ans, Michel Pigenet regardait la pendule du salon avec les yeux de Chimène. Un amour cependant tenu dans les limites du platonisme le plus strict, son père estimant — à raison — qu’un enfant n’avait pas à régler le temps familial.

Mais le destin, même contrarié, a du ressort. À vingt-cinq ans, alors qu’il venait d’embrasser la carrière de banquier, il croisa la route d’un manuel technique sobrement intitulé : Horlogerie, description, réparations. Et depuis quarante ans, sans jamais défaillir ni douter, son coeur tictaque en amateur à l’unisson des mécanismes les plus subtils.

Balancier-spiral isochrone

Son apprentissage, il le fit donc au travers de manuels, puis auprès d’horlogers, et bien entendu sur le tas – de ressorts, de rouages, d’échappements, de pignons, d’aiguilles, de balanciers-spiral isochrones. En démontant et remontant de grosses comtoises, des réveils, des pendules de marine, des montres toujours plus anciennes aux mécanismes toujours plus petits et complexes, il est devenu un horloger amateur dont la réputation a franchi les limites de la Région. Bâton de « maréchal-horloger », il a été élu à la tête de l’Association Horlogère d’Auvergne et nommé délégué régional de l’Association Française de l’Horlogerie Ancienne.

Un atelier à explorer le temps

Situé dans l’une des pièces de sa maison, son atelier résonne de tics pas toujours en phase avec les tacs. Normal, c’est un lieu de réparation et de fabrication. C’est aussi une sorte de musée, où il collectionne de vieilles machines d’horlogers, des dizaines de pinces (un vrai dada, les pinces), une pendule électrique à rouleaux des années 80, des organes de mécanismes improbables. On se croirait dans le laboratoire du Professeur qui part explorer le temps dans le livre de Wells.

Le temps n'a pas de prise

L’exploration du temps, Michel Pigenet la fait en érudit. Au détour de la conversation, ce féru d’Histoire brosse en quelques mots le portrait d’Abraham Breguet, l’homme qui révolutionna l’horlogerie à la fin du XVIII siècle. Il vous entraîne sur les traces des navigateurs qui se nourrissent de longitudes et de latitudes calculées en secondes et minutes. Et sans vous en rendre compte, vous finissez ce long périple dans les entrailles d’une horloge atomique, sur laquelle se règlent toutes les autres. Le temps n’a pas de prise sur Michel Pigenet.

(*) Le clocher de Marsat n’a connu que trois horloges : du XVIè siècle à 1830, de 1830 à 1910, et de 1910 à nos jours.

 

 

SEPTEMBRE 2012

LES VERGERS DE MARSAT

Des pommes, des cerises, mais aussi des pêches et des abricots sont cultivés à Marsat depuis plusieurs générations. Ne pas le savoir est un péché.

verdier marsat 018La scène se passe devant l’étal des Verdier, sous la Halle de Riom, un samedi matin du mois de juin. Une dame, la quarantaine, dit à une autre : « Quand je dis qu’à Marsat on produit des pêches et des abricots, on ne me croit pas. Pourtant c’est vrai. N’est-ce pas, Monsieur Verdier ?... Vos pêches, c’est bien vous qui les faites pousser…» Martial Verdier confirme. « … On cultive des fruits depuis des générations, à Marsat. Autrefois, les arboriculteurs en vendaient même aux confiseurs de Clermont. »

Un abricotier centenaire

Dans la famille de Valérie Verdier, l’épouse de Martial, on est arboriculteur à Marsat depuis quatre générations. Dans un verger, elle nous montre un abricotier de 120 ans, planté par ses aïeux. Les branches noueuses, le tronc blessé, il donne encore des fruits. « Ces années sont maintenant comptées. Il est tellement vieux que même le Conservatoire des Espaces Naturels d’Auvergne n’a pas su déterminer la variété de fruits qu’il donne. »

Pommes, pêches, abricots, cerises

Les variétés, ce n’est certes pas ce qui manque, chez les Verdier. Quarante sortes de pêches et de nectarines donnent chaque été à la plaine et aux côteaux de Marsat des allures de tableau pointilliste où dominent les jaunes et les rouges. Elles portent des noms de pierres précieuses (Jade, Emeraude, Rubis…) ou des prénoms de femme (Amanda, Fidélia…). Les abricots se nomment Bergeron, Bergarouge, Tomcot ou Kyoto, et tous ces fruits, pas bêcheurs pour un sou, partagent la terre avec des cerises (Edelfinger, Mignonne, Burlat, Regina…), lesquelles s’accommodent très bien de la présence abondante des pommes (*), les deux tiers de la production des Verdier (Chantecler, Reine des Reinettes, Rubinette, Delbard…).

La cueillette de juin à octobre

Chacune de ces variétés mûrit en son temps. La Maycrest, une pêche jaune, est la première à être cueillie, aux environs du 15 juin. Mi-juillet, c‘est au tour de la Dixired. Et ainsi de suite jusqu’en août, à raison de plusieurs variétés de pêche par semaine. Même chose pour les autres fruits. Les dernières pommes sont cueillies à la fin du mois d’octobre. Quant à la vente, elle a lieu en direct : sur les trois plus gros marchés de la Région, dont celui de Riom ; dans trois hypers, notamment le Leclerc de l’Espace Mozac ; à Marsat, chez le producteur.

La taille des arbres

Contrairement à une idée reçue, les pommes destinées à la vente sont plus fragiles que les pêches. Elles nécessitent une observation et un entretien réguliers. Le gros de la taille des pommiers a lieu chaque année de janvier à mars. En ôtant le bois de deux ans, on obtient des branches qui ont toujours même forme et mêmes dimensions. Et ces branches doivent se diriger vers le sol, quitte à y pendre des poids.

Les pêchers suivent en avril, lors des jours qui précèdent la floraison (« bouton de rose »). Cerisiers et abricotiers sont taillés une année sur deux au moment de la cueillette. Pour les cerisiers on parle plus d’élagage que de taille.

(*) En 2013, les Verdier auront fini de convertir en bioune petite partie de leur verger, avec trois variétés : Gold Rush, Opal, Crimson.

 

 

DECEMBRE 2011

JEAN-CLAUDE CLUIS

PORTRAIT D’UN ENFANT DU CYCLE

Riomois depuis 35 ans, Jean-Claude Cluis escluis4t un organisateur de courses hors pair et l’un des hommes les plus influents et les plus attachants du cyclisme français.

Comment dire ?... Il est rond et carré. C’est un carré dans un  rond. La quadrature du cercle faite homme et réalité. Rond, parce que les angles trop nets sont fatals aux liens d’amitié ; carré, parce qu’en affaires la loyauté vaut tous les contrats.

Une histoire résume à elle seule la personnalité de Jean-Claude Cluis et la place qu’il occupe dans le monde du cyclisme. En 1989, Greg Lemond est un champion déchu. Victime d’un stupide accident de chasse deux ans plus tôt, le vainqueur du Tour 86 peine à retrouver la forme, et la petite équipe dans laquelle il végète n’a pas de quoi payer son ticket d’entrée dans la Grande Boucle. Plus personne ne croit en lui. Personne, excepté son manager, Jean-Claude Cluis. Le Riomois frappe à la porte des sponsors et réunit les fonds nécessaires in extremis. Nous sommes en juin. Lemond peut prendre le départ du Tour de France 89 — qu’il remporte devant Fignon à l’issue d’un contre-la-montre de légende. L’Américain n’oubliera jamais le geste de Jean-Claude.

Monsieur critérium

Comme une roue autour de son moyeu, la vie de Jean-Claude Cluis a toujours tourné autour du vélo. Dans sa jeunesse, il a couru en amateur avec Jean-Pierre Danguillaume. Avant lui, son père René a coudoyé Bobet dans le peloton. A 22 ans, il met sur pied sa première course. Fonctionnaire à la Manufacture des tabacs de Châteauroux, il est muté en 1976 à Riom, où ses qualités d’organisateur sont repérées par le patron de la Caisse d’Epargne qui le sollicite pour lancer le premier Tour d’Auvergne Cycliste. En 1982, il fonde sa propre boîte, Publidis 63, dont les bureaux sont installés depuis 20 ans dans la zone d’activité des Portes de Riom. Avec elle, il relance un genre moribond au début des années 80, les critériums d’après Tour. Sa recette est simple : entrée gratuite pour le public et des annonceurs pour payer le plateau. Il organisera jusqu’à 80% de ces courses. On l’appelle alors « Monsieur Critérium ».

Lever les bras sous la banderole

Même si tous ne savent pas lui renvoyer l’ascenseur, les coureurs apprécient sa loyauté. Beaucoup le prennent comme manager. Il y a eu Lemond, il y aura Jalabert, Jean-François Bernard, Pensec, Cabestani, ou encore Abdoujaparov. L’estime du milieu cycliste à son égard se manifestera de façon spectaculaire en 1992, lorsqu’il organise à Riom une fête à tout casser pour les 10 ans de sa société. 1100 personnes répondront présent !

A 67 ans, il n’a pas encore raccroché. Pas tout à fait. Il s’occupe du championnat de France cycliste de la Gendarmerie, d’un ou deux critériums, et donne des coups de main par-ci par-là. Ainsi vient-il de trouver 20 000 euros pour le prochain Tour d’Auvergne. Sa fille Florence, qui l’assistait depuis des années, a pris désormais la relève. Au soir de sa carrière, Jean-Claude peut remonter la fermeture éclair de son maillot, desserrer la jugulaire de son casque, et lever les bras sous la banderole. Il a gagné.

 

 

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